Définition

“Le Design Thinking est une approche de l’innovation et de son management qui se veut une synthèse entre la pensée analytique et la pensée intuitive. Il s’appuie beaucoup sur un processus de co-créativité impliquant des retours de l’utilisateur final.” Définition Wikipedia. Voilà qui est dit.

En français et en une phrase, le Design Thinking est la transcription de l’esprit design dans l’entreprise. Faire rentrer l’innovation dans l’entreprise, en utilisant les techniques de créativité du designer, depuis l’idée jusqu’à la production. Ce qui permettrait de ne plus penser de façon cloisonnée et analytique les différentes étapes d’élaboration d’un produit, mais plutôt de revenir à certaines étapes quand cela est nécessaire et surtout faire cohabiter pensée analytique et créativité. On réunira ainsi une équipe pluridisciplinaire dont les membres réfléchiront ensemble à la résolution d’un problème donné, avec une méthodologie empruntée aux designers.

Bien que très ancien comme concept, le Design Thinking a réellement été introduit dans les sociétés dans les années 1970 et connaît une recrudescence ces dernières années. Tim Brown, le fondateur de la société IDEO agence de design née en 1991, est celui à qui l’on doit,  d’avoir établi les grands principes du design thinking. Il est en tous cas celui dont les principes sont le plus souvent cités.

Les 5 Phases du Design Thinking

  1. Emphatize (compatir)

Le design thinking répond donc au besoin du client qui est au centre de la démarche. Le but est de résoudre un problème en prenant en compte l’avis du client, son environnement et ses attentes. Pour que votre innovation soit un succès, pour créer une très bonne expérience utilisateur, vous devez vous poser les bonnes questions. Il serait en effet trop “simple” de juste demander au client de quoi il aurait besoin. Les gens s’adaptent très vite aux innovations et ne savent même pas toujours ce que sont leurs véritables besoins. Steve Jobs l’exprime très bien.

Vous devez ainsi vous poser les questions suivantes : que pense et ressent mon client ? Que voit-il ? Qu’entend-t-il ? Que dit-il et que fait-il ? Quels sont ses peurs, ses besoins, ses critères de réussite ?  Vous devez faire preuve d’empathie et vous mettre réellement à la place du client.

“Le jour où une toute jeune entreprise, nommée Apple Computer, nous a demandé de l’aide à créer un ordinateur “pour tout le monde”, nous avons appris la valeur de l’empathie.” [Tim Brown, fondateur d’IDEO]

Un outil peut aider dans ce sens, lorsqu’il est difficile de prendre un temps d’observation donné du client, la carte d’empathie.

Cette volonté d’améliorer l’expérience utilisateur est souvent utilisée dans la grande consommation. Les vendeurs d’électroménagers par exemple l‘utilisent pour mettre en place les meilleurs techniques de vente. Ils vont à la découverte poussée de leur client et de son environnement.

  1. Define (Définir)

Il s’agit ici de reformuler la problématique en se demandant “pourquoi faire” au lieu de “comment faire”.

La méthode des 5 pourquoi, qui permet de déterminer les causes racine d’un problème, peut être utilisé ici. En posant 5 fois la question “Pourquoi?”, on peut avoir un regard neuf sur le problème, permettant sa reformulation.

  1. Ideate (Imaginer et concevoir)

C’est ici que l’aspect de pluridisciplinarité du Design Thinking prend tout son sens : il faut générer un maximum d’idées pour avoir le choix. On fait de l’idéation « en combinant des pensées conscientes et inconscientes » c’est à dire en favorisant des réflexions très rationnelles avec, à l’inverse, des intuitions qui sont directement issues de notre imagination.

L’une des méthodes de créativité couramment utilisée lors de cette phase est celle du brainstorming appelée également remue-méninges. Il s’agit pour un groupe d’individus de réfléchir ensemble à une problématique et de générer des idées le plus instinctivement possible. L’idée pour le groupe est de rebondir sur les idées des uns et des autres pour en générer d’autres et ainsi arriver à une ou des solutions constructives et surtout collectives, sans laisser place au jugement de valeur, qui pourrait nuire à la séance.

  1. Prototype (prototyper)

Etape clé du processus, le prototypage permet de mettre en oeuvre la ou les idées. Elle est essentielle car elle fait passer le projet à la vitesse supérieure. De là, toutes les évaluations, perfectionnements seront possibles pour arriver à la solution finale.

  1. Test (tester)

“Echouer tôt pour réussir vite”, cette phrase de Tim Brown résume cette dernière étape. Il est nécessaire en Design Thinking de vite passer à cette phase de test afin que les retours utilisateur permettent d’entrevoir failles et autres solutions, voire nouvelles idées. Il ne faut surtout pas perdre de temps.

Le Design Thinking est une méthodologie relativement simple à mettre en place, et qui peut s’accorder à des domaines très variés. Embrasser le Design Thinking c’est aussi faire preuve de créativité et travailler celle-ci.

C’est une façon de penser qui permet une certaine souplesse dans le processus créatif et laisse une place à la sérendipité : le fait ou ‘art de trouver des solutions de façon inattendue. 

 

Pour aller plus loin

Un article très intéressant et critique sur l’application de ce concept en France

Steve Jobs, Walter Isaacson parce que le Design Thinking est au coeur de l’innovation chez Apple

Système 1 Système 2 : les 2 vitesses de la pensée, Daniel Kahneman pour comprendre la place de l’émotion dans notre vie. Comment décidons-nous ? Pourquoi ?

La méthode Value Proposition Design : Comment créer les produits et les services que veulent vos clients, Osterwalder, Pigneur et leurs amis

L’Esprit design: Comment le design thinking change l’entreprise et la stratégie, Tim Brown pour des histoires passionnantes sur l’application du Design Thinking